Au delà du 50è parallèle ! Récit des derniers jours.

19 juin, Longue-Pointe de Mingan
Je suis toute pleine de sensations et d’images.
Il ne fait pas très beau depuis quelques jours. Gris. Pluvieux. Venteux.
Et j’attendais pour aller voir les Îles.  Pas de départ ce matin à 8h… patience.
On a quitté vers 11h45. Le vent, les vagues, la pluie qui crache juste assez pour te rappeler que le bleu que l’on aperçoit au loin est pour les autres…
Ça me fait toujours un peu peur, la mer, quand il vente et que je vois la houle au loin.  Advienne que pourra. J’y vais.
Quel voyage !
Premier arrêt à l’Île Nue. Elle est vraiment toute nue. Et si belle. Ravissante. Avec les petites fleurs sur les lichens, équipée pour bien prendre toute l’eau qu’elles peuvent. Provision pour l’été.  Rien n’y pousse plus haut qu’un pied. Le vent s’occupe de couper toutes les têtes qui voudraient se hisser pour regarder l’horizon.
L’Île est entourée de monolithes. Il y a des milliers, des millions d’années, un deux kilomètres de glace couvrait cet espace. À la fonte, l’île remonte doucement. Et ces petites montagnes de calcaires se dressent chacune à sa façon. L’érosion modifie leurs allures année après année. Le brute. L’essence de la beauté du monde.
Puis, traversée à la grande houle vers l’Île aux Perroquets. En l’honneur des macareux. Fascinants petits oiseaux qui nichent dans les falaises en se faisant des trous ici et là. Il s’y trouve aussi des petits pingouins (qui volent), des mouettes (des vraies), de grands goélands marins. En approchant de l’île, j’aperçois les phoques qui, à notre vue, commencent à se jeter à la mer.
Au retour, quelques rorquals se nourrissent autour de nous. La cerise sur le sundae comme qui dirait !
Je suis gelée. Trempée. Émue. Heureuse.
20 juin, Longue-Pointe – Havre-St-Pierre
Je me dégèle les os.
Après plusieurs jours de pluie et de vent, l’humidité qui tue s’évade enfin.
Il  ne reste que le bruit des vagues, le haô-haô ou aouk rauque (pris de Wikipédia) des goélands marins – et si on s’approche assez, le murmure de l’herbe le long de la rive.
Je n’arrive pas à bouger. Impossible. Jambes sciées.
Enfin assise à me chauffer un peu et à encore admirer la mer, le fleuve, inlassablement.
La solitude ici fait partie du paysage.
Le temps s’arrête.
Il coule comme les grandes rivières.
Le regard reste accroché, et on a l’impression que rien ne bouge.
Alors qu’en réalité, un torrent déferle. Ça frappe contre les roches.
En fait, ça glisse. Mais avec une telle force.
Je n’ai jamais passé autant de temps à regarder l’eau, couler dans les grandes rivières, ou glisser par petites vagues sur la rive.
Le regard se perd dans les vols d’oiseaux et on revient à la réalité quand un dos se soulève pour expulser un peu de brume sur l’immensité.
Pendant plusieurs minutes, tu fixes l’horizon, tu cherches un peu, tu espères.
Et comme dans la vie, c’est lorsque tu abandonnes que le souffle réapparaît.
Image
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