Dérive

Arrêt à New Carlisle, ville natale de René Lévesque. Matin sous la pluie, douche, petit déjeuner au café sur le quai, et départ.

C’est un temps pour voyager un peu et je vois beaucoup de voitures et de roulottes sur la route. On sent les grandes vacances approcher.

Arrêt (encore) au quai de Paspébiac (fallait que j’y retourne). L’horizon est incertain, la mer toute calme se retient encore un peu, et on aperçoit les couches du ciel. Un grand lit qui étend ses draps avec quelques oreillers. C’est peut-être pour ça qu’on les passerait bien étendu ces journées-là.

J’ai aussi l’impression d’être à la dérive. Rien ne m’attache plus. J’ai donné du leste à mon embarcation et laissé aller l’ancre (et l’encre).

Je sais que le voyage, c’est ce que ça fait. Une part d’illusion de l’intemporel. Une part de fuite du quotidien. Mais, que c’est bon d’être sur un «nowhere »! Si je n’avais pas ces événements/festivals à l’horaire que je veux couvrir, je travaillerais quelque part – quelques jours – ici et là – et je repartirais.

Pas de grandes nécessités. Manger, boire, et regarder. Se laisser rentrer dedans par toute la beauté de la nature.

Sur la rivière Bonaventure hier, j’ai aperçu un canard inconnu avec ses petits. Tête marron et légèrement huppée. Un bec plus droit que les «canards». Je trouverai bien dans un guide pour vous le partager.

J’ai laissé mes doigts glisser sur la surface de l’eau, observé les galets qui sèment le fond de la rivière, navigué dans des rapides en évitant les grosses roches.

Après trois heures de descente (et les bras en compote), arrivée à un bras de roches, j’ai échoué. Une fois de plus.

Et le vert, ce vert de la rivière, la transparence de son lit – c’était trop. J’y ai plongé.

Ahhhh miracle.

Les pieds gelés, je me suis étendue sur les roches, respiré l’odeur des bois et laissé le soleil me sécher. Moment présent. Bonheur.

Peut-être que je suis gaspésienne.

J’aurai embrassé sa mer de tous les côtés à m’en sculpter la peau. Je me serai gavée de ses rivières et apaisé mes faims. J’aurai rempli mon âme à la grandeur de ses montagnes.

Et les gens, me direz-vous ?

Ça, ce sera un autre histoire.

Le chemin

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