To be or not to be

Après plusieurs jours de privation, mon ordinateur ayant capté un virus qui générait toutes sortes de bizarreries, et de la belle visite improvisée, me revoilà penchée sur mon petit cahier, à réfléchir et à revoir les derniers jours. C’est à Trois-Pistoles que j’ai élu domicile (je vous en parle bientôt). Mais avant, il y a eu Rimouski, Métis et Ste-Luce. Un bain de jeunesse, beaucoup de beauté et un cirque étrange de vacanciers (dans l’ordre).

Et puis enfin, Douglastown.

Quel étrange et charmant village, bien accoté sur Gaspé. Il s’y trouve là-bas, deux solitudes. La feuille d’érable flotte à plein vent, les pancartes de oui et de non au pétrole se font face.

Une guerre silencieuse.

Dans ce calme apparent, j’ai fait la rencontre de Luc. Vu par plusieurs comme une étrangeté du coin, c’est en ayant décidé d’aller vivre à Terre-Neuve, qu’il s’arrête faire la visite d’un ami, à Douglastown. Il y avait de cela onze ans.

Un sauvage dans une terre où il manquait un liant. Un grand solitaire qui s’est épris de ce village et de ses vieilles et plus jeunes âmes. Le festival de la semaine Irlandaise voyait le jour il y a huit ans.

Avec le déclin démographique de la communauté anglophone, de jeunes familles francophones s’y installent. De plus en plus. On se côtoie. On se dit bonjour ou hello. On s’entraide au besoin. Mais on ne se fréquente pas.

Parenthèse : j’ai remarqué que la fierté est un liant naturel dans les petites communautés. Il en manque malheureusement souvent dans les plus grandes…et doit être nourrie dans certaine. Fin de la parenthèse.

Alors, quoi de mieux que la musique, les soirées de repas partage (potluck), les activités communautaires et la recherche de trésors anciens, pour tenter un rapprochement.

Il en faut du temps, de la patience, de l’engagement, et bien sûr, du rêve pour que la magie opère. Avec un maigre 15 000 $ de budget, un grand Luc et une poignée de bénévoles….tout est possible.

C’est avec beaucoup d’émotion que Norma Gal, âgée de 80 ans, nous sert quelques reels irlandais. Joueuse de guitare depuis toujours, elle s’est mise au violon il y a deux ans ! La salle était coiffée de têtes blanches. Les pieds se faisaient aller, les sourires transformaient les visages peuplés de souvenirs.

Aucune prétention. Beaucoup d’amour.

Le lendemain, alors que le ciel nous livrait une fois de plus un spectacle sans pareil (je vous ai mis une photo juste pour les sceptiques), c’était au tour de Glenn Patterson et Laura Risk, de présenter le fruit de cinq ans de rencontres, recherches ; enregistrement sur bobines, vieilles cassettes pleines de poussière, travail en studio, transferts parfois maigres mais combien riches en mémoire.

On sert donc le vin d’honneur. On entend par les deux gros haut-parleurs Ernest Bolduc (1910-1982).

«Le jeu d’Ernest se caractérise par un archet vigoureux et une utilisation fréquente du bourdon à vide accentué par accordage en mi-si-mi-si, plusieurs tons sous l’accordage double moderne. Plusieurs violoneux de l’ancienne génération de Douglastown accordaient leur violon à la baisse.»

C’est le genre d’information et une mine d’anecdotes que l’on retrouve sur le CD Douglastown, Musique et chanson de la Gaspésie. On y entend une autre époque, on y entend les joies et les peines, on y entend les espérances, on y entend l’amour. On y entend la vie.

Longue vie à la semaine irlandaise de Douglastown !

Et surtout, mes hommages à monsieur Luc Chaput.

Luc Chaput-Douglastown

Douglastown

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s