65 jours plus tard

En prenant le traversier vers Tadoussac, je savais que j’aurais de légers vertiges. Partie depuis le 11 juin, j’allais frôler mes premiers souvenirs de l’été. Je savais aussi que quelques heures plus tard, la pluie reviendrait m’accueillir à St-Siméon, comme si le destin replaçait tous les éléments dans un passé déjà loin et si proche à la fois. Un peu pour me rappeler que cette fois, ce serait vraiment le début de la fin.

Malgré tout le confort de mon New-West, j’avais besoin d’un vrai repos. Une pause. Me suis donc pris une chambre d’hôtel, avec juste un peu plus d’espace pour tourner sur moi-même. Au matin, le ciel avait définitivement tiré la couverture sur son soleil. Je l’entendais se virer d’un bord comme sur l’autre, bougonner, soupirer…pleurer. Et j’étais là, à vouloir – mauvaise habitude – porter son malheur. Ça s’est calmé en fin de journée. J’ai ouvert ma fenêtre sur un peu de bonheur. Encore la musique.

La ChantEauFête dans le monde des festivals d’été, c’est presque la fin du roadtrip pour bien de jeunes artistes qui n’ont cessé de faire, défaire et refaire leurs valises tout l’été. Il y aura bien le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (que je manquerai !!) et quelques autres encore… J’ai revu bien des visages croisés pendant l’été.

Pour ceux et celles qui m’ont suivi un peu, vous savez que je ne suis pas tombée dans les détails des prestations d’artistes, je ne me suis pas faite critique. J’ai quand même eu de beaux coups de cœur. Je me suis attachée un peu. Avec certains et certaines, j’ai pu échangé un peu au delà de la frontière, et avec d’autres, je suis restée spectatrice, prête à me faire charmer ou émouvoir.

Il y a des gens que l’on rencontre et qu’instantanément, on sent l’ouverture. Pas d’armes. Juste les bras ouverts.

C’est surtout avec les organisateurs et bénévoles que je vis ces moments. Et quelques fois, des artistes. Je ne vais pas les nommer ici. Ce n’est peut-être pas croustillant, et je déçois votre curiosité de paparazzi (que nous avons tous)…

J’aimerais plutôt vous dire que ce sont tous les gens de l’ombre qui s’affairent à jeter de la lumière sur les artistes, à tourner les boutons, à rouler et dérouler des fils, à se soucier de leur bien-être, à accueillir les gens, à faire à manger, à s’inquiéter de la chaleur ou du froid dans les tentes, à s’occuper des commanditaires, à pousser les crayons pour faire arriver les chiffres, à espérer que tout se passe bien ! Et plusieurs le font généreusement et aussi bénévolement.

On ne le dira jamais assez. Faire du bénévolat ouvre la voie au bonheur. En jasant avec m’sieur le maire, Sylvain Tremblay, j’ai eu un p’tit coup de confiance dans la politique municipale. Lucide à propos du mal des régions (il n’y a quand même que 1 300 âmes à St-Siméon), il se réjouit de ce que la ChantEauFête aura permis. Non seulement cet événement permet aux jeunes de la région d’explorer et de côtoyer le monde culturel, et aussi parfois même de s’y trouver un métier, mais aussi, il génère de la fierté et du bonheur. La population plus âgée s’implique beaucoup.

Ils ne sont peut-être pas tous fous de notre musique, mais ils sont là. Ils crient en cœur, comme dans le bon vieux temps : «Présent !»

Monsieur Harvey sur la photo !

 

En cas de pluie

 

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