L’une et l’autre

Le nombre d’heures que j’aurai passées à écrire, installée en dessous d’la fan ! Comme à l’habitude, les pensées filent à toute vitesse. Si je pouvais transcrire aussi vite !

Café au lait en main, déjà occupée à tenir la plume. La musique se glisse toujours à travers le filtre bruyant. Je repense à ma journée d’hier. Je t’aime. Toujours.

Magnifique pleine lune ce matin. Avant même que la boule de feu ne se montre de l’autre côté de l’appartement, j’ai l’impression d’ouvrir une salle de cinéma alors que j’écarte le rideau de la fenêtre pour mieux apprécier la beauté de cet astre, accompagné cette fois par une étoile brillante. Elles se tiennent compagnie. Je les salue.

J’ai entamé le dernier livre de Jean-François Beauchemin – Une enfance mal fermée. Joie. Profonde.

Étrangement, il me donne aussi le goût d’écrire. Je ne possède pourtant pas en moi, ou disons plutôt à dose réduite, cette aptitude qu’il a en lui à «l’architecture, au silence, cette sensibilité de grand blessé, et un certain goût pour les phrases». Je sais, lorsque je le lis, que je ne sais pas écrire. Malgré ce constat lucide, il me défait de tous mes complexes.

Je ressens intuitivement que notre vision de l’humanité se rejoint par moment, alors qu’à certaines affirmations, exprimées avec tant de conviction, mon poil s’hérisse. Est-ce dans le ton catégorique ou parce qu’une blessure s’ouvre ou que mon bateau que je crois si stable me chavire ? Parfois, c’est insoutenable.

J’ai beaucoup d’admiration pour les gens méthodiques, ou devrais-je dire, disciplinés. Je ne sais pas m’aventurer de cette manière avec une page blanche. Cela me prend une émotion, une pensée qui me titille l’âme pour que le goût me prenne d’attraper mon cahier Hilroy et ma clé anglaise, pour que je ne puisse même plus me retenir de déboulonner avec insistance, toujours avec l’espoir que toutes les valves s’ouvriront enfin. Les pages se chargent d’encre. Et de plomb.

J’ai aimé l’humilité avec laquelle il répond à une question d’un ami : «S’il n’y avait plus personne, si par exemple tu devais te retirer sur une île déserte, écrirais-tu encore ? La réponse à la question est bien évidemment non. Je n’ai pas vu l’intérêt d’écrire pour moi-même.»

L’acte d’écriture, même en se disant qu’on le fait pour soi-même et avec l’objectif de se dégager de toutes ces pensées qui nous hantent, cet acte commis en solitaire est empreint d’une prière vers la rencontre de l’autre.

C’est notre condition humaine qui fait ça.

Malgré la grande nécessité que certains ressentent à vivre en solitaire, il se cache en nous ce besoin inexplicable de se connecter à notre semblable. Drôle de contradiction.

Et une image très nette pour moi de la complexité des êtres.

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