R.I.P. #1 des 2Sisters

 

IMG_2811Néorurale, et pis après.

Quand je m’attarde (et j’aime le faire) à mes souvenirs de jeunesse à la ferme, les matins heureux et paisibles, le vent sur la côte, la vue des vagues du St-Laurent et l’odeur, ah ! l’odeur des foins et du fleuve fusionnés en un parfum insaisissable, naît en moi un état de bonheur à l’état pur.

Quand je pars sur mes souvenirs de l’île, je ne suis plus arrêtable.

Nous ne pouvons pas nous empêcher d’embellir nos souvenirs d’enfance. C’est comme ça. C’est ce que l’on fait aussi avec les souvenirs de certaines relations ou rencontres.  Je me dis donc qu’il nous est irrésistible ce besoin du meilleur, du beau, de l’inspirant !  Et c’est tout ce joyeux melting pot qui forment aussi nos rêves à venir, nos envies, nos concepts de vie idéale.

CertainEs décideront à un moment ou un autre de fuir la ville (j’avoue sans honte que c’est effectivement une fuite – et selon les principes psychologiques de base, on fuit ou on confronte, mais au moins on fait un choix!), on les nomme les NÉORURAUX !

Quand ma fille m’a qualifié (il y a un temps déjà) de néorurale…j’voulais l’étrangler ! (Vous comprenez que c’est une image seulement hein ?!). C’était une gifle.  Elle m’expliquait qu’il n’y avait rien de mal là-dedans, et que cela n’était qu’un fait. Mais MOI, je ne voulais pas me faire mettre en case avec toutes ces personnes qui vivent en ville et qui transportent leur mal-être à la campagne en recréant des p’tites boutiques ben cool (style mile-end) pour satisfaire leur bobonismes intrinsèques.

Tout ce long prologue pour vous dire, que ce matin je suis confrontée à la réalité vraie de la ferme.

Une de mes 2Sisters se meurt.

J’ai passé les deux derniers jours à m’inquiéter, à lire, à consulter, à appeler et chercher une clinique vétérinaire (rien d’ouvert sauf le service d’urgence de St-Hyacinthe qui me chargeait 170$ pour une consultation + les analyses + les médicaments). Pour ensuite faire appel à une jeune dame technicienne (la nièce d’un ami du coin) qui l’a palpée et examinée, sans rien trouver d’autre que le constat qu’elle ne semble pas bien. Je l’ai isolée, donnée du vinaigre de cidre dans l’eau, et j’ai espéré qu’elle se rendrait jusqu’à lundi matin où je pourrais accourir chez un vétérinaire.

Je l’ai trouvée sur le dos ce matin, mourante.

Comment lui rendre la mort plus douce?

Je dois lui tordre le cou pour en finir.

Nettoyer et désinfecter tout l’environnement, et espérer que l’autre des 2Sisters survivra à cette séparation et à une maladie qui peut-être se manifestera chez elle aussi ?

Une partie de moi se dit : « Voilà ce qui arrive quand on s’aventure dans quelque chose qu’on ne connait pas.

Et une autre partie de moi (la plus sereine) m’appelle au calme et à l’acceptation. Ça fait partie de l’aventure.

Termine de construire le poulailler d’hiver, continue à lire et te renseigner, va voir un vétérinaire pour t’équiper de ce que ça prend contre les parasites internes et externes, et va te chercher de nouvelles poules.

Et surtout, rappelle-toi du détachement nécessaire pour ne pas t’affliger ainsi quand la mort frappera.

Ça fait partie de la vie. De notre vie. Néorurale ou pas.

 

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