Le printemps à la Chicorée!

Ça y est. Les champs vibrent sous les roues des tracteurs, après quelques jours de beaux temps, on aperçoit au loin des nuages de terre soulevée par les herses géantes des agriculteurs-agricultrices de grandes cultures.  Les médias sociaux regorgent des nouvelles des petites fermes biologiques toutes prêtes à commencer à fournir les gens de leurs magnifiques paniers de légumes.  Chez moi, les arbres déploient leurs jolies nouvelles feuilles et les arbres fruitiers dévoilent leur beauté avec leurs belles fleurs blanches, roses ou jaunes.

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Le jardin est prêt pour les semences. Cette année j’ai préparé le jardin, étendu du compost et après avoir eu de l’aide d’un voisin pour passer le motoculteur (je n’en ai pas), j’attends mon amie Chantal qui viendra m’aider à semer et mettre en terre les quelques plants que j’ai parti à l’intérieur.  Je ne suis pas très bien équipée, mais somme toute, j’ai quand même réussi à en faire pousser.  J’ai aussi posé la grande toile noire pour agrandir le jardin l’année prochaine.  J’ai aussi fait l’acquisition d’un petit tracteur à gazon (je capote!) qui me permet d’épargner quelques 650 $ par saison.

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Le grand champ promis aux vignes de raisins de table attend patiemment le fumier. J’ai enfin trouvé quelqu’un pour m’en fournir et venir l’étendre.  Un autre voisin fermier viendra herser et j’espère avoir assez d’argent pour pouvoir louer une machine et étendre les grands paillis de plastique en prévision de l’implantation au printemps prochain.  Je sèmerai la fétuque, le ray-grass et le trèfle entre les rangs  sous peu.   Je ferai creuser pour avoir accès à de l’eau pour les champs. Une autre grosse entreprise à l’horizon.

En ayant quitté la ville, je constate (même si je l’anticipais) que c’est quand même pas évident de se trouver du travail décemment payé dans la région.  Surtout que j’ai mis une croix sur le marketing et les communications.  Je travaille donc à la Fromagerie du Presbytère du jeudi au dimanche (!), et j’ai eu une entrevue pour un job à Postes Canada comme agent de bureau de poste sur appel. Aucun avantages sociaux, aucunes assurances, et pas assez d’argent pour mettre quelques économies dans le tiroir.  J’ai procédé à un inventaire détaillé de mes dépenses et j’ai coupé à l’essentiel. Je crois qu’à 30 000$/année ce serait possiblement faisable et décent.  Le point, au delà de bien gérer mes petites craintes et insécurités, c’est de demander de l’aide pour les travaux de la petite ferme en peut-être devenir.  J’ai beau y mettre le temps que j’ai, je n’ai pas les compétences pour tout faire et surtout…pour le faire seule.

Si vous avez des bras, une certaine habileté, que ça vous dit de venir donner un coup de pouce une journée ou deux…ça serait bien apprécié.  J’ai vu des jeunes fermiers faire une campagne de socio-financement et réussir à avoir une gang de jeunes venir aider les fins de semaine.  Je ne suis pas aussi attirante qu’une jeune poulette de 25 ans, mais j’ai du coeur, un sourire et je vous accueillerai avec générosité avec mon TiChat et ma poulette. En ce moment, idéalement ce serait pendant les débuts de semaine. Vous n’avez peut-être pas besoin de supervision – ou peu – alors vous pouvez venir les fins de semaine aussi, profiter de la place et on se fera un bon repas en fin de journée à mon retour du boulot…avec des fromages!

Jardinage, pose de clôture, menuiserie, peinture, ménage de la grange, décloutage de planches récupérées, réparation de petites structures, confection d’un parc à poules…quand je fais la liste je dois m’arrêter et me dire que tout se fait au rythme qu’il faudra.

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Vous pouvez partager à vos amiEs en qui vous avez confiance sachant qu’ils apprécieraient ce p’tit tour de bras à Saint-Félix-de-Kingsey !  Merci à l’avance.

Je vous souhaite un très bel été. De beaux moments avec ceux et celles que vous aimez, du temps pour respirer et contempler, et la santé d’esprit et de corps pour profiter de chaque moment que nous offre la vie.

À plus!

Lucie – luciebilodeau@hotmail.com

 

 

L’espoir

J’ai tardé un peu à vous raconter cette rencontre. Cette belle rencontre.

C’est l’histoire d’une jeune femme, qui ne souhaite que d’être sereine, et qui, par amour, fît son premier jardin.

La magie de confier à la terre de toutes petites graines, et de les regarder générer une si grande abondance.

Produire la santé ensemble, c’est le nom d’un organisme pour lequel elle travaille. C’est le nom en fait de plusieurs personnes en un nom. La mission ? «Développer, accompagner, expérimenter des solutions collectives pour l’amélioration de la santé globale par l’accroissement de l’autonomie alimentaire.»

J’vous entends déjà dire : «Bon bon bon, encore une gang de hippies pelletant des nuages».

Et ben non !  Ce sont des gens, extrêmement dédiés. Ils travaillent fort. Et ils le font avec un sens aigu de la responsabilité qu’ils portent pour leurs enfants, et aussi pour leur communauté.

Donc, cette femme, Karen Golden, a démarré un jardin à l’école de sa fille. Et quand un poste s’est ouvert pour travailler justement à développer des potagers avec les écoles, elle n’a pas hésité une minute.

Trois écoles l’année dernière, et trois nouvelles pour l’année qui vient.  Les enfants apprennent avec des ateliers culinaires l’hiver, et par la suite, des ateliers pour cultiver; voir aux semis, planter, entretenir, récolter, cuisiner, manger. Avec amour.

Ça se passe où tout ça ? À Val d’Espoir. Oui oui, le siège de Fred, la fameuse marmotte, officiellement dédiée depuis 2010 à annoncer la venue du printemps.  C’est aussi l’arrière pays de Percé, et où se tenait jadis l’école d’agriculture (1938-1961).

Je vous raconte tout ça, parce que je trouve ça non seulement beau, mais aussi inspirant.

Il y a plein de gens venus d’ailleurs, et on fait une place (contrairement à d’autres villages) à ces nouveaux arrivants. On a de l’espoir.  Quinze nouveaux nés cet hiver !

Et comme Karen le dit si bien : «En Gaspésie, c’est vivre dans un territoire où tout est possible. On peut se recréer comme on le veut. Malgré toutes les difficultés que l’éloignement engendre….on apprend à mieux s’organiser, on pense collectivement, avec le voeu de ne pas dépendre des institutions gouvernementales.»

On va leur souhaiter de belles récoltes, de nouvelles recrues, et la sérénité. Ils le méritent.

Voici un lien d’un petit document vidéo qui a été conçu par des gens de là-bas. Si ça vous dit.

http://vimeo.com/83766057

Salut les bâtisseurs et bâtisseuses !

Percé