Naufragée

La route a ses règles de navigation. Surtout lorsqu’elle est longue.

En avant donc la musique. Ingrédient essentiel qui vous mène sur des routes insoupçonnées !

Regardant dans le rétroviseur, je crois apercevoir des bouts de vie. Mirage.

Un grand et précieux ami m’a fait le cadeau d’une compilation pour ce voyage. Quel plaisir.

Mon humeur bouge au rythme des chansons.  Je suis sous le charme.

Allez-y. Fermez les yeux. (Pas tout de suite là là !).

Imaginer cette route, longue, grise ou noire. Plantée de lignes jaunes.

De chaque côté, déferlent les étendues de bois, puis de tourbières. Vous montez cette longue

pente en pesant sur l’accélérateur, vous essayez de deviner ce qui se trouvera de l’autre côté.

Et v’lan dans la face !

L’immensité de la mer, les récifs, les amoncellements de roches.

Puis, c’est le retour au grand corridor d’épinettes.

Allez-y. Écoutez ça.  Les yeux fermés. Et le coeur tout grand ouvert.

J’vous laisse avec un bon mot sur cette jolie Auberge, de jeunesse à Ste-Félicité.

Traversier de soirée entre Baie-Comeau et Matane. Brume. Pluie. La nuit.

J’ai échoué au bon endroit. Très sympathique.

Le naufrage aura connu une fin heureuse.  Aurélie m’a préparé LA crêpe sarrasin digne de notre patrimoine et

Léonie m’a fait le plus grand plaisir avec un café, et puis deux, et pourquoi pas un troisième café au lait !

Manoir des sapins. 

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Carte………du ciel !

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J’ai écrit des bouts à droite, des bouts à gauche, parfois dans un petit calepin, d’autres fois sur une grande feuille blanche.

Des idées, des «flashes» comme on dit, mes insécurités et parfois mes petites victoires. Si petites, à m’en donner le vertige.

À quelques 40 jours avant le départ, je lis, je collige, je regarde mes cartes, je calcule….le kilométrage.  Je peux donc vous dire qu’il y a 796 kilomètres entre Tadoussac et Natashquan et 810 autres entre Petite-Vallée et Joliette !  Et je calcule encore. Le prix de l’essence !

Alors me vient aussi dans ces moments-là, comme maintenant, une conscience de l’éphémère. J’arrête le hamster en moi. Sinon, je me retiens d’écrire tout ça, me disant « non mais, c’est quoi l’intérêt». J’avais besoin de vous écrire un mot. Vous dire que les choses se mettent en place. La recherche avance à bien des niveaux, et je suis totalement emballée !

Je commencerai donc à vraiment vous écrire quand j’aurai de très belles choses à vous dire et à vous montrer.  Ce quelque chose qui vous restera dans le coeur.

Ça s’en vient. J’ai observé hier les petites pousses vertes. Bien accrochées aux arbres, qui eux se retiennent. Qui se gardent un peu de sève dormante pour mieux faire éclater tout ce vert tendre dans nos yeux. Et c’est qu’il est beau ce vert tendre. Un peu comme la mer.

À bientôt.